Un mot, deux grandes familles de sens
Le mot jouissance dérive du verbe « jouir », lui-même issu du latin gaudere, « se réjouir ». Il désigne à la fois un état — le fait d'éprouver un plaisir — et un droit — le fait de profiter d'une chose.
Ces deux sens, l'un intérieur, l'autre concret, cohabitent depuis des siècles dans la langue française.
En philosophie : la question du plaisir
Les philosophes ont longuement réfléchi au plaisir et au bonheur. La jouissance y désigne souvent une satisfaction pleine et présente, distincte du désir, qui, lui, se tourne vers ce qui manque.
Cette distinction traverse toute la pensée morale : faut-il rechercher l'intensité de l'instant ou l'équilibre durable ? Le débat reste ouvert.
En droit : profiter d'un bien
Le droit donne au mot un sens très précis : la jouissance d'un bien, c'est le droit d'en user et d'en tirer les fruits. On parle par exemple de « pleine jouissance » d'un logement à sa remise des clés.
Ce vocabulaire, hérité du droit romain, structure encore aujourd'hui les contrats de location et l'usufruit.